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    Janv 2010

    Sularbaş, Pınarbaşi, Kayseri

    Nous remercions M. Ramazan KIVRAK, yörük lui-même, chercheur sur le mode de vie et les traditions des yörük, de nous avoir fourni des informations pour la rédaction des lignes qui suivent.

     

    Les traditions pastorales qui se perpétuent encore aujourd’hui dans le petit monde de l’élevage extensif sont nombreuses parce qu’elles diffèrent, parfois radicalement, d’une région à l’autre.

     

    Le sujet est vaste et complexe. Nous ne prétendons donc pas savoir toutes les pratiques en vigueur de nos jours.

     

    1) Il y a d’abord la population nomade appelée yörük. A la suite de la transformation du mode de vie et des habitudes alimentaires, l’élevage extensif est en régression. De ce fait, beaucoup de yörük se sont déjà sédentarisés. Cette communauté continue à perpétuer les traditions ancestrales. Ceux qui ne se sont pas sédentarisés vivent en permanence dans leurs tentes traditionnelles en feutre composés de poils de chèvres.

    File indienne annonciatrice d’un excès de chaleur

    En été, ils établissent leur campement dans leurs estives qui se situent toujours sur un haut plateau ou en moyenne montagne près de l’eau et de pâturages gras. En automne, ils s’installent près de la mer pour s’épargner la rigueur de l’hiver. Ils n’ont pas de bergeries mais des enclos à ciel ouvert près de leur campement. Sur ces enclos, ils confectionnent des « toits » avec des branches d’arbres ou d’autres plantes pour assurer un

    File indienne annonciatrice d’un excès de chaleur

    minimum de protection contre le soleil et la pluie.  Les moutons et les chiens vivent donc toute l’année dehors. Au moment où nous écrivons ces lignes en 2008, ils sont, dans tout le pays, à peu de choses près 150.000 personnes, ce qui fait grosso modo 30.000 familles nomades véritables, qui vivent de l’élevage extensif.

     

    Le repos des combattants

    Le repos des combattants

     

     

    2) Il y a aussi une population semi-nomade. Ce sont des yörük qui se sont partiellement sédentarisés. Ils vivent dans leur village en hiver. Les maisons et les bergeries sont en dur. 

    Ces semi-nomades pratiquent la transhumance et les familles entières passent l’été dans les hauts plateaux ou en moyenne montagne près de sources d’eau et de pâturages gras. Ils y vivent dans leurs tentes traditionnelles. Les moutons sont rassemblés dans des enclos. Le nombre de ces semi-nomades est d’environ 350.000, cela fait à peu près 70.000 familles.

    Harmanlı, Bulgarie

     

    3) L’effectif de la population sédentaire qui vie de l’élevage extensif atteint 1.500.000 personnes, cela fait environ 300.000 familles. Les moutons passent l’hiver dans les bergeries situées tout près des maisons dans les villages. L’emplacement géographique privilégié de ces villages leur permet de pratiquer ce type d’élevage « sédentaire » du fait de la proximité de l’eau et des pâturages gras. A la belle saison, en fonction des pratiques pastorales de la région, les moutons passent la nuit et/ou le jour dans les pâturages. Le reste du temps ils sont enfermés dans les bergeries. 

     

    Paysage typique du haut plateau central Anatolien

    D’une région à l’autre, la manière de pratiquer le pastoralisme change. Le climat local joue un rôle important dans ces différentes pratiques. La région de Tokat Zile par exemple bénéficie d’un climat plutôt tempéré. Au lever du soleil, les bergers de la commune, accompagné de leurs chiens commencent à traverser le village d’un bout à l’autre et au fur et à mesure qu’ils avancent, des moutons sortent des bergeries et s’ajoutent au groupe pour former un unique troupeau à la sortie du village. Après une journée passée aux pâturages, tout ce beau monde rentre au village en sens inverse cette fois-ci, les enfants attendent déjà devant leurs maisons pour récupérer les moutons appartenant à leur famille. Souvent, les moutons n’ont besoin de personnes pour rentrer tout seuls à leurs bergeries, tellement ils sont conditionnés à cette vie depuis toujours. Lorsque les bergers arrivent à l’autre bout du village, ils sont seuls avec leurs chiens. Pendant toute la belle saison, cette pratique se perpétue au quotidien.

     

    Afşar, Bala, Ankara

    Dans d’autres régions où, en été, la chaleur caniculaire dans la journée rend la vie difficile au troupeau, comme par exemple dans la région de Sivas et de Kangal, c’est toujours le même mode opératoire sauf que le départ pour les pâturages se fait le soir et le retour le lendemain matin. La grande majorité des moutons sur le plateau central du pays est le mouton Akkaraman qui supporte mal le soleil intense. Pour différentes raisons, si le troupeau se retrouve dans les pâturages pendant la journée, le berger s’arrange pour se retrouver près d’une source d’eau, sur un terrain propice pour protéger les moutons des rayons du soleil de 11 heures jusqu’à 16 heures environ. Pourquoi vers 11 heures ? Parce que, c’est vers 11 heures que les moutons manifestent leur détresse en formant une file indienne, chacun essayant d’abriter sa tête sous la queue de celui qui le précède. Et le premier de la file est souvent une chèvre qui, elle, n’est pas incommodée par le soleil, elle garde donc la tête haute ! Ils prennent tous la direction de l’endroit où ils vont passer les heures les plus chaudes de la journée. Ce sont des lieux avec une source d’eau, quelques arbres, des grands rochers, des bergeries  construites à cet effet dans les pâturages servant à abriter le troupeau de la rigueur du soleil.

     

    Iğdır

    Dans la région de Konya Karaman, c’est plutôt la transhumance. Les moutons passent la belle saison à la belle étoile. Le berger dort la nuit dans son habit traditionnel en feutre qui lui sert de « sac de couchage » en même temps. Les moutons et les chiens restent à côté de lui. L’approvisionnement en nourriture du berger et des chiens est assuré à dos d’âne par les proches du berger. C’est souvent les enfants ou les personnes âgées qui endossent ce travail. C’est en même temps l’occasion d’échanger des nouvelles.

     

    La protection de troupeau en transhumance est particulièrement éprouvante pour les chiens parce que le troupeau reste jour et nuit sur les pâturages pendant la belle saison. Au travail en permanence, les chiens n’ont pas la possibilité de se reposer. Ils sont obligés de redoubler de vigilance la nuit, les prédateurs savent utiliser l’obscurité à leur profit et attaquent la nuit afin d’augmenter la chance de réussir.

     

    Şenyurt Kasabası, Turhal

    Les bergeries aussi diffèrent en fonction du mode de vie de chaque population pastorale.

     

    Il y a des bergeries à côté de chaque maison dans les villages. Les moutons y passent l’hiver et une partie de la belle saison.

     

    Certains éleveurs, dans les pâturages un peu éloignés, ont leur abri sommaire ou leur tente traditionnelle avec un enclos  délimités de branches d’arbres ou de pierres sèches pour les moutons. Ils y vont de façon irrégulière sans leur famille pour passer quelques jours avec leurs moutons.

     

    Certains villages ont leurs propres estives. Les familles du village qui ont des moutons passent l’été dans ces estives et vivent durant cette période dans des maisons en dur sommairement bâties. Les moutons, au retour des pâturages sont enfermés dans des enclos eux aussi sommairement aménagés et protégé du soleil et de la pluie avec des matériaux les plus répandus que ces éleveurs trouvent dans leur environnement.  

     

    Il y a enfin, les enclos de transhumance qui se situent, dans les pâturages isolés de toutes autres habitations. Ils sont à ciel ouvert ou vaguement couverts. Il y a des éleveurs qui mettent un mois pour arriver sur ces lieux et autant de temps pour leur retour vers leur habitation d’hiver.

     

    Et les chiens dans ce petit monde ? La faune sauvage est (encore) riche en prédateurs de toute sorte et le mouton est la proie préférée de ces prédateurs parce que le mouton est un animal domestique qui n’a jamais été sélectionné en fonction de l’efficacité de sa propre défense. Sa vitesse de croisière et de pointe sont ridicules. Les cornes du bélier se révèlent un outil de défense dérisoire face à ces prédateurs. Le fusil du berger, s’il en a, demeure tout aussi dérisoire devant l’extrême mobilité des prédateurs et l’étendue du troupeau. Les chiens donc sont des auxiliaires indispensables dans cet environnement sauvage sans lesquels le pastoralisme n’existerait pas.

     

    Un beau spécimen de « kırçıl » bien prononcé. C’est souvent plus impressionnant.

    Un beau spécimen de « kırçıl » bien prononcé. C’est souvent plus impressionnant.

     

    La majorité de ces chiens vivent dehors toute l’année. Les plus « chanceux » ont leur niche devant la bergerie mais la plupart des bergers ne veulent pas entendre parler de niches. Ils estiment que les chiens sont là pour travailler et non pour dormir. Dépourvus de niches, ils patrouillent autour de la bergerie ou de l’enclos et choisissent donc eux-mêmes les emplacements les mieux adaptés pour une surveillance optimale. Ils n’entrent pas non plus dans la bergerie pour les mêmes raisons. Lorsqu’ils sont au travail « à découvert » dans les pâturages, il suffit de les observer pour constater qu’ils se placent toujours à des endroits où ils peuvent aisément voir tout ce qui se passe pour ne pas se laisser surprendre. Souvent, il y en a un ou deux qui patrouillent plus loin, ce qui augmente l’efficacité de la protection. Leur nourriture est servie devant la bergerie, une fois que les moutons sont tous rentrés. Comme ils sont contraints de travailler plus la nuit que le jour, la plupart du temps, 2/3 de la ration journalière leur est servi le matin et le 1/3 restant le soir. Travail, repas, repos (si possible !). C’est l’emploi du temps du Karabash.

     

    Kahramanmaraş
    Tatköy

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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